8 février 2026

Notre académie, nos établissements

CSA SD sur la répartition des DGH collège du 13 : Unanimité contre !

Le Conseil social d’administration spécial départemental qui répartit les DGH dans les collèges des Bouches-du-Rhône s’est tenu le vendredi 6 février 2025. A l’unanimité, les représentants des personnels se sont déclarés contre !

Le Conseil social d’administration spécial départemental qui répartit les DGH dans les collèges des Bouches-du-Rhône s’est tenu le vendredi 6 février 2025.

Lors du CSA SD du 6 février 2025, les élu.e.s SNES-FSU ont dénoncé le manque d’ambition d’une dotation qui perd 6 ETP. Les effectifs élèves devraient certes baisser de 424 à la rentrée 2026 mais on aurait pu en conservant ces emplois alléger la pression dans les classes. De plus, le prétexte démographique ne tient pas : il faudrait créer 56 ETP supplémentaires pour simplement revenir aux taux d’encadrement d’avant 2017. Enfin, au lieu de mettre une partie des moyens pour créer des divisions lorsque les effectifs sont sur les repères les plus hauts, la DSDEN préfère saupoudrer quelques heures dans l’autonomie des établissements des catégories 1 / 2 / 3.
La FSU a dénoncé cette répartition des moyens et demande une dotation à la hauteur des besoins.

Pour rappel nos analyses lors du groupe de travail sur les DGH :

https://www.aix.snes.edu/le-groupe-...

Les membres du CSA SD se sont prononcé unanimement contre la dotation et sa répartition.

Déclaration liminaire

Monsieur Le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale,

Avant tout, nous avons une pensée pour notre collègue de Sanary-sur-Mer, poignardée par un élève mardi dernier. Ces violences sont inacceptables. Nous ne pouvons plus entendre qu’on ne peut que gérer dans l’urgence alors que la crise de l’École est largement documentée : sous-investissement chronique et manque de personnel. La situation est volontairement laissée à la dérive.

Ce n’est plus le moment des vœux, mais nous espérons tout de même un renforcement du service public d’éducation cette année. Face à l’aggravation des conflits internationaux, à l’atteinte aux droits des peuples et à la montée de l’extrême droite, y compris avant les élections municipales, il y en aura besoin pour continuer à promouvoir l’émancipation, la justice sociale et la démocratie.

Pourtant le budget 2026, imposé par l’utilisation du 49.3, ne reflète pas ces préoccupations. Ce PLF affaiblit la cohésion sociale de notre démocratie en s’attaquant au service public : mise à mal de l’Hôpital public, inaction face à la vétusté du bâti public, transfert de la Sécurité sociale aux complémentaires, jour de carence et suppressions de postes dans l’Education Nationale...
La FSU alerte sur les dangers que constitue l’extrême droite pour les élèves, le personnel et le service public, mais aussi sur les impostures du RN en matière de propositions économiques et sociales. D’autres choix, progressistes, porteurs d’égalité, sont possibles : seule une alternative axée sur les préoccupations sociales pourra empêcher le RN de prendre le pouvoir. Après le rejet de la taxe Zucman, la majorité a privilégié au contraire la baisse d’investissement dans le service public.
La FSU ne peut accepter que notre Ministre aie acté des suppressions de postes en l’absence de budget à l’Assemblée nationale. De plus, le cafouillage ministériel sur les documents en CSA MEN, l’annonce de 438 suppressions de postes de plus puis le rétropédalage a abouti à la préparation dans l’urgence de notre CSA académique. Cela nous place toutes et tous dans des conditions de travail très inconfortables. Si nous siégeons aujourd’hui, c’est pour garantir que la suite des opérations puisse se faire dans le respect des délais légaux, du cadre démocratique et des compétences décisionnelles des instances. Elle souhaite que dans ce sens vous puissiez nous transmettre un calendrier clair des remontées des TRMD et des prochaines instances qui porteront sur les ouvertures et fermetures de poste.
40 ETP supprimés dans l’académie : la FSU refuse l’instrumentalisation de la baisse des effectifs (-424 élèves dans les collèges du 13) pour justifier des coupes budgétaires (-108 heures postes, 6 potentiels temps-pleins). Il faudrait 56 ETP supplémentaires pour retrouver le taux d’encadrement de 2017 ! Or nous continuons à charger les classes, au détriment des conditions d’apprentissage de nos élèves et des conditions de travail du personnel : en témoignent les grèves au collège Malraux et au lycée Daumier qui ont tiré le signal d’alarme sur l’augmentation des violences, et jeudi prochain au collège Johnson, pour son service de gestion exsangue de personnel.
Nous avons besoin de personnel autour de nos élèves, d’AED, de CPE, de PSY-EN, d’Assistantes sociales, de professeurs-documentalistes… et on nous propose en lieu et place des DHG en baisse, particulièrement en lycée (-22), un unique emploi administratif en plus pour l’académie… Le passage à 25 heures en sixième (après la suppression inique de l’heure de technologie) n’a même pas servi à réduire les effectifs. Nous saluons leur abandon, mais pas au prix d’une baisse des moyens horaires, et continuons de demander le rétablissement de la technologie en sixième.

Enfin qu’en est-il de la nouvelle politique d’accompagnement de 800 collèges sélectionnés sur des critères arbitraires écartant les critères sociaux ? Ce que nous voyons c’est qu’à coups de formations imposées et de visites constantes d’un aréopage d’IPR, IEN et CPC, le ministère mise sur un contrôle des choix pédagogiques des équipes pour s’éviter d’attribuer des moyens au service des élèves. Ce plan des 800 collèges préfigure aussi une réduction de l’éducation prioritaire, alors même que le ministre exclut toute concertation sur la carte avant 2027. Pour la FSU, il est urgent de réviser cette carte avec ambition, pour l’élargir selon les besoins aux collèges et lycées à l’aide de critères nationaux, transparents et concertés. Alors qu’il repousse encore la révision de la carte, le ministre place sous le régime des CLA 21 collèges avec les écoles qui leur sont rattachées. La FSU s’oppose à la logique des CLA et demande que ces établissements soient intégrés dans la carte de l’EP sans délai ni condition. Nous réitérons ici notre demande de disposer de la liste des établissements concernés par ces dispositifs et des critères qui ont déterminé ces choix.

Nous saluons la poursuite des créations d’ULIS dans les collèges des Bouches-du-Rhône, mais elle est très loin de répondre aux besoins. Nous vous avions demandé lors du dernier CDEN de novembre à ce qu’une Ulis ouvre dans le secteur de Martigues / Port-de-Bouc à la rentrée prochaine. La dernière Ulis que vous prévoyiez d’ouvrir pour la rentrée 2026 n’aurait-elle pas toute sa place dans ce secteur ? Nous sommes également inquiet.es du faible nombre de places en UPE2A et des conditions d’enseignement qui y sont proposées. Enfin, nous refusons que le corps des enseignant.es détermine les heures allouées dans les DGH : nous revendiquons un volume horaire identique et suffisant pour toutes et tous hors panier autonomie.

La FSU dénonce le rejet par le Sénat de la proposition de loi sur la création d’un corps de catégorie B pour les AESH qui maintient sous le seuil de pauvreté un métier essentiel, massivement féminisé. L’inclusion scolaire ne peut reposer sur des travailleur.ses sous-payé.es : nous réaffirmons l’exigence d’un statut de catégorie B et d’une rémunération à temps plein. Les avenants récents sur le temps mériden augmentent leur temps de travail jusqu’à 8 heures consécutives, posant la question du respect de la pause réglementaire ; nous demandons la rédaction de conventions entre l’Éducation nationale et les mairies pour garantir un véritable temps de pause, ainsi qu’une avancée sur la gratuité des repas, aucun accord n’existant à ce jour. Sur le plan du recrutement, alors que 1700 postes AESH ont été annoncés au budget national, la FSU demande combien sont attribués à notre académie et quel est le calendrier de recrutement annuel.
Enfin, conformément aux engagements du précédent CSA-A concernant la prime REP / REP+ rétroactive, la FSU demande que vous nous confirmiez que toustes les AESH et AED ayant travaillé en REP/REP+ depuis 2015 ont bien été informées de la procédure, que le traitement et le suivi des dossiers sont effectivement en cours, que les AESH et AED concerné.es seront individuellement informées du montant exact de leur versement, que le paiement annoncé pour juin 2026 sera tenu, et qu’une demande d’exonération fiscale des primes REP/REP+ a bien été transmise au ministère afin d’éviter toute perte de la prime de précarité.
La FSU sera mobilisée le 8 mars pour l’égalité professionnelle et la lutte contre les VSS au travail. Dans la ligne de l’alerte par le Haut-Commissariat à l’égalité, la FSU porte aussi la nécessité d’une éducation émancipatrice à l’égalité, notamment en revendiquant de nouveau des moyens dédiés à la mise en œuvre des programmes d’EVARS.
Pour finir, la vague de froid du mois dernier a mis en lumière les carences des collectivités en matière d’isolation, de chauffage et d’anticipation climatique, conduisant des personnels à travailler à moins de 10°. Froid l’hiver, chaleur l’été : la FSU exige des solutions durables de rénovation thermique des bâtiments scolaires. Qu’est-il prévu pour anticiper les températures de fin d’année scolaire ?
La FSU revendique un vrai plan d’urgence pour le département, incluant les dotations d’enseignant.es, les équipes pluri-professionnelles, les AED, les AESH, les aspects bâtimentaires, afin de rattraper les retards accumulés et porter une Ecole juste, égalitaire, émancipatrice.

En dépit du calendrier contraint et du contexte délicat, nous vous remercions d’avance pour vos réponses.

Lees élu.es du SNES-FSU au CSA SD des Bouches-du-Rhône : Julien Weisz, Nicolas Bernard-Hayrault et Elise Kahlat